Accueil du siteActivitésManifestations, expositionsDada Africa, Sources et influences extra-occidentales Exposition à l’Orangerie, à Paris, du 18 octobre 2017 au 19 février 2018. Compte rendu par Marie-Claire Dumas

Dada Africa, Sources et influences extra-occidentales Exposition à l’Orangerie, à Paris, du 18 octobre 2017 au 19 février 2018. Compte rendu par Marie-Claire Dumas

Page publiée le 19 janvier 2018, mise à jour le 23 janvier 2018

Cette exposition est la version française d’une exposition présentée précédemment à Berlin et à Zurich.

Elle rappelle le centenaire de la naissance de Dada, marquée par l’inauguration du Cabaret Voltaire à Zurich, le 5 février 2016.

Largement nourrie par les archives de la Berlinische Galerie de Berlin et celles du Musée Rietberg de Zurich, enrichie à Paris par une documentation venue en particulier de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, elle offre un parcours ouvert, mettant en valeur non seulement les références à l’art nègre dans le mouvement Dada –favorisées par des galeries comme la galerie Corray en Suisse, Paul Guillaume à Paris ou par des livres majeurs comme Negerplastik de Carl Einstein – mais aussi les créations inspirées de diverses cultures – les poupées katchina par exemple. Robes, objets, tapisseries, broderies, marionnettes, masques entrent dans le domaine de l’art, quelle que soit leur origine.

Cette négation des frontières et de toute hiérarchie dans la création artistique s’exerce également dans le domaine de la littérature. Manifestations et danses, textes lus ou psalmodiés, continuité du sens rompue par cris et onomatopées, bruitages et percussions (on peut entendre des enregistrements de « reprises » de soirées dada), tout cela s’impose dans les années 1916-1922 à Berlin, à Zurich, à Paris. Tristan Tzara contribue largement à l’orchestration de ce désordre systématique.

De ce point de vue, grâce aux prêts de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, on peut lire des manuscrits des Poèmes nègres, des correspondances du poète avec Paul Guillaume. Tzara apparaît comme l’inventeur le plus actif et avisé dans l’effervescence du mouvement Dada, multipliant les contacts entre Zurich et Paris. C’est dans le domaine plastique que la rupture Dada aura des suites au delà des limites strictement historiques du mouvement – 1917-1923.

L’exposition donne à voir les belles réalisations de Sophie Taeuber et Jean Arp, ou celles de Raoul Hausmann et Hannah Höch – dont les collages s’imposent par leur humour grinçant.

Du point de vue littéraire, si l’explosion Dada laisse des revues, des manifestes, des poèmes ou des pièces de théâtre d’une énergie incontestable, c’est sur d’autres bases que le mouvement surréaliste va lui succéder.

Un remarquable catalogue, riche en informations et en images, accompagne cette passionnante exposition.

Tristan Tzara (1896-1963), Chanson du Cacadou de la tribu Ananda, paru dans la revue Dada 1 en juillet 1917. © Chancellerie des Universités de Paris ‒ Bibliothèque littéraire Jacques Doucet. Photo : Suzanne Nagy / Christophe Tzara
Tristan Tzara (1896-1963), Chanson du Cacadou de la tribu Ananda, paru dans la revue Dada 1 en juillet 1917. © Chancellerie des Universités de Paris ‒ Bibliothèque littéraire Jacques Doucet. Photo : Suzanne Nagy / Christophe Tzara
Uli

Statue du Nord de la Nouvelle-Irlande, hauteur 125 cm.
Don d’Aube et Oona Elléouët

© 2005-2011 Doucet Littérature
Site réalisé avec SPIP, hébergé par l’AUF